{"id":989,"date":"2025-03-14T12:15:50","date_gmt":"2025-03-14T12:15:50","guid":{"rendered":"https:\/\/flections.net\/?p=989"},"modified":"2025-04-16T21:13:17","modified_gmt":"2025-04-16T21:13:17","slug":"anouchka-oler-nussbaum","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/flections.net\/?p=989","title":{"rendered":"Anouchka Oler Nussbaum"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-ast-global-color-4-background-color has-background\" style=\"border-width:1px\">L&#8217;Entreprise des Bouches<\/h2>\n\n\n\n<p>BY ANOUCHKA OLER NUSSBAUM <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:25px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Mon entreprise, c\u2019est comme une&nbsp; ballade que j\u2019ai faite. Que je fais et que je fais encore. Je me prom\u00e8ne chaque minute de chaque jour et si je veux sans bouger. Je bouge ma langue. Au plus je remue mes fesses. C\u2019est une promenade pour laquelle je n\u2019ai pas besoin de mes jambes. Principalement elle se passe sous ma peau, mais je me concentre et la fait remonter le long de mon \u0153sophage : elle butte contre ma glotte, d\u00e9gouttele sur ma langue et alors je la prof\u00e8re. Je vous l\u2019offre. Je vous racole parce que je ne me&nbsp;prom\u00e8ne&nbsp;pas seule.<br>Cette balade, elle s\u2019ex\u00e9cute \u00e0 l\u2019aide de mes bouches. En fait, j\u2019ai fabriqu\u00e9 5 bouches. Je les alterne une \u00e0 une, avec elles, j\u2019enchaine diff\u00e9rentes postures : la parano\u00efa, la d\u00e9pression, la c\u00e9libataire et l\u2019hyperactive et puis la demi-habile. Autant de bouches que je porte comme on rev\u00eat un habit, le salit et le change mais \u00e0 une fr\u00e9quence un peu plus \u00e9tourdissante. Bon alors ce qu\u2019il y a c\u2019est que d\u00e9crire mon entreprise et bien c\u2019est toujours un peu malheureux. Je ne sais plus avec quelle bouche je parle quand je la raconte. Je n\u2019ai plus de bouche neutre, je ne suis m\u00eame plus sens\u00e9e en avoir. Je suis all\u00e9e si loin dans ma ballade qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent j\u2019ai toujours un doute : Est-ce que c\u2019est encore moi qui parle ?<br>Ce que je ne vous ai pas dit, c\u2019est qu\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 me trouver des masses. Au fur et \u00e0 mesure o\u00f9 j\u2019avan\u00e7ais dans mon entreprise,&nbsp; et bien des masses dans mon corps se sont d\u00e9clar\u00e9es. C\u2019est surprenant regardez, de tr\u00e8s belles masses.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.flections.net\/site\/Anouchka_Oler_1.gif\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Si je commence par une bouche, et bien alors il y a la parano\u00efa. Et pour moi, c\u2019est l\u2019\u00e9tat le plus stimulant. Il m\u2019arrive de parler avec cette bouche toute une journ\u00e9e. Avec elle, je mets en doute tout le temps.&nbsp; Je mets en doute les intentions, les buts et les motivations de chaque conteur mais surtout de chaque histoire. Je mets des petites boules de savons qui glissent sous ce que tu dis, comme \u00e7a, ce que tu dis se casse la gueule et maintenant on va devoir en prendre soin parce que c\u2019est cass\u00e9 et il faut le r\u00e9parer. Du coup, on va en faire une nouvelle chose, de ce que tu as dit, on va le transformer. Je dis on parce que je ferais pas \u00e7a toute seule non plus. Avec mes dents de parano en fait je te mords le cou pour t\u2019entrainer dans le doute.<br>Qui parle dans ta bouche ? Pourquoi tu parles de cette mani\u00e8re l\u00e0 et \u00e0 ce moment l\u00e0 ? Est ce que tu dis \u00e7a parce que j\u2019ai un gros nez ? Il importe peu que ce soit un d\u00e9lire parano\u00efde ou pas, que ce soit vrai ou pas, j\u2019ai quand m\u00eame cr\u00e9\u00e9e une nouvelle petite bulle d\u2019id\u00e9e avec ton \u00e9nonc\u00e9 et on est plus certains de rien mais en tous cas on a tout imagin\u00e9.<br>En fait c\u2019est comme si on ne voulait plus jamais lire le journal dat\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui mais celui de dans une semaine. Comme c\u2019est impossible, alors, on l\u2019imagine, on tire des fl\u00e8ches dans des cibles lointaines. Des fl\u00e8ches qui vont vers le haut et vont vers le bas, qui reviennent en arri\u00e8re et se plantent dans mon \u0153il. Tu vois des fois \u00e7a peut \u00eatre douloureux de tout imaginer. Mais si on prend cette bouche l\u00e0 c\u2019est par ce qu\u2019on essaye de mieux comprendre, ou du moins d\u2019une mani\u00e8re plus irr\u00e9guli\u00e8re. Voil\u00e0 \u00e7a peut aussi nous perde tu sais, on peut en venir \u00e0 se demander si on a pas les doigts des mains trop longs pour faire tourner notre entreprise. Alors souvent, tout naturellement, apr\u00e8s la parano\u00efa je me farde de ma bouche d\u00e9pressive.<br>Se farder d\u2019une bouche \u00e0 une autre, c\u2019est cela qui peut sembler le plus abrupt, presque carnassier. Pourtant c\u2019est quasi ind\u00e9celable. Physiquement je n\u2019ai m\u00eame pas besoin de fermer les yeux. Je me pare d\u2019un autre sentiment, je le rev\u00eats et je le deviens. Je peux commencer une phrase depuis la parano\u00efa et terminer avec la d\u00e9pressive. Elles vont tr\u00e8s bien ensemble, alors \u00e7a arrive souvent. \u00c7a rend les interlocuteurs fous&nbsp;! Ils me regardent avec de ces yeux&nbsp;! Des fois pas trop s\u00fbrs, on dirait qu\u2019ils se laissent 6 secondes de r\u00e9flexions tu sais. Des fois je pousse un peu et je change encore une fois&nbsp;; un troisi\u00e8me registre. Pourtant il faut faire attention, si on se fait rep\u00e9rer trop vite, \u00e7a ne sert plus \u00e0 rien, on ouvre trop de bo\u00eetes d\u2019un coup.<br><br>PAUSE<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.flections.net\/site\/Anouchka_Oler_2.gif\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Une autre bouche que j\u2019ai invent\u00e9, c\u2019est la bouche d\u00e9pressive je l\u2019ai bien bricol\u00e9. Elle peut parler toute seule presque.<br>Elle ne dit pas grand chose en fait&nbsp;car quand je suis la d\u00e9pression, simplement je ne veux rien faire. J\u2019ai envie de ne rien faire, mais alors rien de rien, j\u2019ai aussi envie de dire \u00e0 quelqu\u2019un que j\u2019ai envie de ne rien faire et qu\u2019il questionne lui son envie de faire. \u00c7a peut marcher en dehors de la parole. Je m\u2019assois quelque part et je ne fais rien. Tout ce que je dois faire je ne le fais pas, et \u00e7a emp\u00eache les autres de continuer \u00e0 faire ce qu\u2019ils doivent faire. Et bien oui,&nbsp; car j\u2019ai un travail, je ne vis pas en me nourrissant de bulles d\u2019air. C\u2019est compliqu\u00e9 de toute fa\u00e7on de vivre de rien du tout, et puis aussi mon entreprise est au centre de tout \u00e7a. Il faut que je fasse participer un maximum de gens dans un maximum de sph\u00e8res. C\u2019est tr\u00e8s social finalement tout \u00e7a, ou alors c\u2019est tr\u00e8s humain. Je mets mon \u00e2me au travail. Mais c\u2019est de l\u2019ordre de l\u2019auto-entreprise. Quand cette \u00e2me, je dois la mettre \u00e0 disposition pour le capital d\u2019autrui, vous comprenez que \u00e7a me d\u00e9prime. Mes cheveux poussent \u00e0 l\u2019envers.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>PAUSE<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.flections.net\/site\/Anouchka_Oler_3.gif\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Vous savez, j\u2019ai imagin\u00e9 mon entreprise comme un b\u00e2timent. Chaque salle est construite de mani\u00e8re \u00e0 v\u00e9hiculer une id\u00e9e, un \u00e9tat d\u2019esprit. Et finalement c\u2019est comme si cette salle nous appuyait sur la t\u00eate et que sans le savoir, juste en marchant dedans, elle modifiait le fil de n\u00f4tre pens\u00e9. Dans ce b\u00e2timent, il faut rentrer par un long couloir. On en aper\u00e7oit la fin d\u00e8s les premiers pas mais on ne peut pas en saisir la profondeur. Ce qui nous trouble, c\u2019est ce mur qui nous fait face, que l\u2019on croit d\u2019abord anim\u00e9 d\u2019une intense lumi\u00e8re, de celle qui r\u00e9ussissent \u00e0 absorber tout regard et toutes pens\u00e9es. Mais apr\u00e8s quelques pas, cette lumi\u00e8re se r\u00e9v\u00e8le liquide. De l\u2019eau coule du plafond, compl\u00e8tement verticale, c\u2019est un pan de mur d\u2019eau. Un flux infatigable et orgueilleux. Ici les flux n\u2019ont d\u2019autres ambitions que d\u2019\u00eatre en mouvement et de participer \u00e0 la repr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9nergie dynamique. On arrive dans ma pi\u00e8ce hyperactive.<br>Plusieurs postes de travail s\u2019intriquent&nbsp;: s\u00e9par\u00e9s par des murs bas, certains partagent un m\u00eame espace mais connaissent des bulles plates et horizontales d\u00e9limitant chaque zone allou\u00e9e \u00e0 un intervenant. Des tentures red\u00e9finissent la hauteur du plafond. Malgr\u00e9 une certaine nonchalance amen\u00e9e par le choix du mat\u00e9riau, la tension avec laquelle elles sont employ\u00e9es les font se cambrer aux dessus des t\u00eates avec rigidit\u00e9. Il est dit que les intervenants y \u00e9crivent avec beaucoup plus de concentration que dans la boule d\u2019entr\u00e9e.<br>La boule d\u2019entr\u00e9e, justement, a quatre pieds. Pour sa circonf\u00e9rence, elle pourrait ais\u00e9ment en avoir trois de plus. D\u2019ailleurs on s\u2019attendrai \u00e0 ce qu\u2019elle n\u2019en ai pas du tout et que son corps repose directement sur le sol. Mais elle fait face, en position assise. Elle laisse entrevoir les deux pieds suppl\u00e9mentaires de la personne qui l\u2019a parcoure. Cette pi\u00e8ce est pos\u00e9e sur une estrade, mais il y a un jeu de trompe l\u2019\u0153il avec le sol connexe \u00e0 celui qui la soul\u00e8ve de sorte \u00e0 ce qu\u2019on ne ressente que les effets psychologiques de sa sur\u00e9l\u00e9vation. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, on gravite d\u2019une affaire \u00e0 une autre, toujours en circonf\u00e9rence. Sans jamais se frotter \u00e0 un mur, on sait mettre en relation tout ce qui pourrait en profiter.<br>Se glissent dans ce d\u00e9cor des pots comme taill\u00e9s \u00e0 bout de bras dans un bois rocheux. On y a fait pousser de gigantesques v\u00e9g\u00e9taux h\u00e9sitant \u00e0 se d\u00e9finir franchement, soit comme cactus soit comme an\u00e9mone. Ils sont tr\u00e8s contenus et ne d\u00e9bordent pas. Mais plus on les regarde, plus ils deviennent de fascinants personnages m\u00ealant primitivit\u00e9 et futurisme.<br>La derni\u00e8re chose que l\u2019on voit, c\u2019est ce mur de polyester, taill\u00e9 \u00e0 la va vite, sur lequel on a projet\u00e9 du sable. \u00c0 ses pieds, aussi du sable. C\u2019est une moquette mais ce qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e8re c\u2019est donner l\u2019impression qu\u2019on r\u00e9siste \u00e0 s\u2019enfoncer dans son sable mouvant.<br><br>PAUSE<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.flections.net\/site\/Anouchka_Oler_4.gif\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Je vais vous faire entrer dans l\u2019antichambre. Je vous couche sur la m\u00e9ridienne.<br>Je commence \u00e0 mettre du rose sur ma bouche. Je mets une couche, puis deux et \u00e0 la 3\u00e8me je d\u00e9borde. L\u00e0, je suis pr\u00eate, j\u2019ai ma bouche c\u00e9libataire. Il faut que je vous explique, mais j\u2019ai mis trop de parfum, il me p\u00e8se, je le sens pendre \u00e0 mon cou. Ce n\u2019est pas une op\u00e9ration de s\u00e9duction. C\u2019est une s\u00e9rie de fuites. Le plus important c\u2019est que je glisse, que je ne m\u2019accroche \u00e0 rien, que je continue de glisser. Il faut multiplier les rencontres, les \u00e9mois et les contaminations. Il est important de faire glisser ce corps de flux en flux, de poils en poils. C\u2019est tr\u00e8s usant, mais c\u2019est le plus effectif. Je mange et j\u2019ing\u00e8re sans aucune digestion. Je suis d\u00e9j\u00e0 en train de manger quelque chose d\u2019autre, de me promener dans un autre endroit et de toucher un autre corps. Sacr\u00e9 machine folle. On ne sait m\u00eame plus ce qu\u2019elle produit mais elle le fait \u00e0 une cadence qui fait ouvrir les yeux un peu trop fort. Vous vous souvenez de la boule d\u2019entr\u00e9e dans mon b\u00e2timent&nbsp;? Et bien c\u2019est pareil, la bouche c\u00e9libataire met tout le monde en relation sans se lier \u00e0 quiconque. Comme si elle avait le temps.<br><br>PAUSE<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.flections.net\/site\/Anouchka_Oler_5.gif\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai entendu certains dire de mon entreprise qu\u2019elle \u00e9tait destructive. Il est tr\u00e8s d\u00e9stabilisant de voir ce m\u00eame corps uni, entier, qui s\u2019exprime avec la m\u00eame voix, du m\u00eame ton monocorde, qui vous scrute avec les m\u00eames yeux mais interagit avec vous selon une de ses cinq humeurs et ce cela de mani\u00e8re entendue, presque froide. Imaginez-vous passer des ann\u00e9es \u00e0 construire un plan d\u2019\u00e9vasion, tr\u00e8s finement, une chose un peu parfaite. Puis finalement, le jour o\u00f9 il est r\u00e9v\u00e9l\u00e9, les personnes \u00e0 qui vous l\u2019offrez trouvent que le danger \u00e0 fuir, c\u2019est vous.<br>C\u2019est presque dr\u00f4le. Mais je ne me laisse pas emporter, il faut un minimum de rigidit\u00e9 si l\u2019on veut voir r\u00e9ussir son entreprise.<br>Peut-\u00eatre que ce qui m\u2019est le plus dur \u00e0 comprendre, c\u2019est qu\u2019elle n\u2019est que la mienne. Que je peux polluer mes interlocuteurs, les faire tousser mais pas les convertir \u00e0 cette schizophr\u00e9nie strat\u00e9gique. Qu\u2019il faut les laisser glisser. Je vais vous dire, je vais vous dire d\u2019abord. En fait, le jour o\u00f9 j\u2019ai invent\u00e9 toutes ces autres bouches, c\u2019est parce que je me suis aper\u00e7ue de la mienne, ma bouche \u00e0 moi, celle que j\u2019avais tous les jours, \u00e0 quelques d\u00e9tails pr\u00e8s. Comme vous surement, moi aussi je parlais avec ma bouche demi-habile. C\u2019est super, c\u2019est une super bouche. C\u2019est une bouche qui vous mange \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. C\u2019est bien clair que le jour o\u00f9 je m\u2019en suis aper\u00e7ue, c\u2019est le jour o\u00f9 elle avait tout bouff\u00e9 il restait rien. La demi-habile, et bien si on \u00e9tait invit\u00e9 \u00e0 jacter pour une \u00e9mission de radio, on dirait que c\u2019est une bouche de notre temps, une bouche contemporaine. C\u2019est pas super faux. C\u2019est la bouche qui a tr\u00e8s vite compris qu\u2019il fallait qu\u2019elle sache faire le maximum de son, le maximum d\u2019\u00e9chos et \u00e7a du maximum de mani\u00e8re possible mais si elle pouvait en faire un tout petit peu plus, ce serait mieux. C\u2019est la bouche qui a bien compris que \u00e7a lui suffirait pas tout le temps qu\u2019elle a pour pouvoir tout faire. Par ce qu\u2019elle essaie de savoir tout faire finalement et bien elle fait plus rien de bien, mais elle le fait avec la plus grande des maladresse et des nervosit\u00e9s.&nbsp; Une sorte d\u2019amateur professionnel inquiet et inqui\u00e9tant, ayant comme objectif visc\u00e9ral de devenir une meilleur version de lui m\u00eame.&nbsp; Sans d\u2019autres objectifs que ce mieux, qui de toutes fa\u00e7on ne fera que de se d\u00e9caler vers un objectif plus haut si jamais nous l\u2019atteignons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>2015<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/anouchkaoler.org\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/anouchkaoler.org\/\">Anouchka Oler Nussbaum<\/a><\/em> is a visual artist based in Brussels. She holds, among others, a Master&#8217;s in Gender Studies from UCLouvain in Louvain-la-Neuve. She researched the French Gouines rouges (&#8216;Red Dykes&#8217;), a political lesbian movement from the 1970s. In 2017, Nussbaum co-founded Feelings with Gladys G\u00e9renton, an artist-run space interested in economic and affective issues.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;Entreprise des Bouches BY ANOUCHKA OLER NUSSBAUM Mon entreprise, c\u2019est comme une&nbsp; ballade que j\u2019ai faite. 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